lundi, 14 décembre 2015 11:04

Sciences et innovations : Les nouveaux mécanismes de financement au cœur d’un symposium

Un symposium international sur les nouveaux mécanismes de financement de la science, de la technologie et de l’innovation technologique en Afrique s’est ouvert, hier, à Dakar. Les travaux se déroulent sous l’égide de l’Académie des sciences et techniques du Sénégal (Ansts). Pendant trois jours, les participants, venus d’horizons divers, sont appelés à échanger sur la problématique du développement économique du continent.  

« Quels nouveaux mécanismes de financement de la science, de la technologie et de l’innovation en Afrique ? » C’est autour de ce thème crucial pour le développement des pays africains que vont tourner les débats du symposium international qui s’est ouvert, hier, à Dakar. A l’initiative de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts), en partenariat avec la Banque islamique de développement (Bid) et la Société des amis de l’Ansts, la rencontre réunit d’éminentes personnalités scientifiques et politiques venues d’horizons divers et ayant une expérience institutionnelle confirmée et une expertise avérée en matière d’investigation, d’identification et de mobilisation de ressources financières.

Ce symposium se tient dans un contexte où en Afrique, malgré la volonté politique d’utiliser les sciences et la technologie pour promouvoir le développement, beaucoup reste encore à faire. Par exemple, l’objectif de porter le financement de la recherche à 1 % du Pib des Etats demeure lointain. Seule l’Afrique du Sud s’en est rapprochée avec 0,9 %. Pour tous les autres pays africains, précise le Pr Amadou Lamine Ndiaye, président de l’Ansts, le pourcentage du Pib consacré à la science, à la technologie et à l’innovation se situe au maximum à 0,3 %. Or, rappelle-t-il, « la science, la technologie et l’innovation constituent une composante essentielle à la croissance durable et au développement de nos pays ». Selon lui, les gouvernements africains se sont engagés, depuis quelques années, à augmenter leurs investissements dans le secteur de la science, de la technologie et de l’innovation. Cependant, « force est de reconnaître que les résultats obtenus ne sont pas satisfaisants par rapport aux attentes », regrette-t-il.

En écho, le Dr Chérif Abdelwahab, directeur régional de la Banque islamique de développement, estime que la science, la technologie et l’innovation constituent des ressources précieuses et les principaux moteurs pour le développement durable. Il est établi que de nombreux pays africains enregistrent, depuis plusieurs années, une croissance économique soutenue et que l’ensemble du continent a fait des progrès. Toutefois, pense Dr Abdelwahab, ces performances continueront d’être en-deçà des attentes tant que « le rôle vital de la science, de la technologie et de l’innovation n’est pas reconnu et que celles-ci ne seront pas effectivement intégrées dans le processus de développement socio-économique ». Pour Alioune Badara Ndiaye de la Société des amis de l’Ansts, il est crucial d’identifier des mécanismes de financements réalistes et réalisables susceptibles d’être présentés aux décideurs politiques.

Diatourou Ndiaye, directeur de cabinet du Premier ministre, estime, de son côté, que ce symposium se tient au moment où la plupart des pays africains, soucieux du devenir de leurs populations, se trouvent à la quête de mécanismes innovants pour assurer le développement durable de la science, de la technologie et de l’innovation. Etant donné que ces trois éléments constituent, selon lui, les paradigmes majeurs qui interpellent les progrès et les avancées de l’humanité, il soutient que tout pays qui aspire à l’émergence économique devrait disposer d’une stratégie nationale de financement des sciences, de la technologie et de l’innovation.

Elhadji Ibrahima THIAM