lundi, 14 décembre 2015 11:09

Financement de la science, de la technologie et de l’innovation : L’Académie des sciences à la recherche de mécanismes nouveaux

Pour trouver de nouveaux mécanismes de financement pour la science, la technologie et l’innovation, l’Académie nationale des sciences et de la technique du Sénégal (Anst) a choisi d’organiser un symposium international de 3 jours. Cette rencontre contribuera à la conception et à l’élaboration de nouvelles politiques et stratégies de financement des programmes dans ce secteur. Réfléchir sur de nouveaux mécanismes de financement de la science, de la technologie et de l’innovation, c’est l’exercice auquel les participants du symposium international organisé par l’Académie nationale des sciences et de la technique (Anst) vont se prêter durant 3 jours. Conscients que le principal obstacle pour promouvoir le développement par la science en Afrique réside dans le déficit du financement alloué à ce secteur, les initiateurs de cette rencontre ont voulu mettre l’accent sur la recherche d’une nouvelle approche pour le financement de l’enseignement scientifique et la recherche. Selon Ahmadou Lamine Ndiaye, le président de l’Académie nationale des sciences et de la technique, en Afrique, malgré la volonté politique d’utiliser la science et la technologie pour promouvoir le développement, il reste beaucoup à faire. Dans un document qui justifie le thème de ce symposium, il est expliqué que «l’objectif de porter le financement de la recherche à 1% du Pib des Etats demeure lointain. Seule l’Afrique du Sud s’en approche avec environ 0,9%». Pour expliquer cette situation, on relève des contraintes liées à «une relative diminution des volumes d’aide au développement, un ciblage pointu et des critères stricts d’utilisation des ressources concessionnelles et budgétaires allouées au secteur de la science technologie et de l’innovation». C’est en ce sens d’ailleurs qu’un appel a été lancé «aux institutions internationales et régionales de financement du développement et à tous les bailleurs de fonds, pour accompagner nos pays par de nouveaux mécanismes de financement de la recherche qui vont au-delà des politiques et procédures actuelles». Selon le vice-président de la Société des amis de l’Anst, ce sujet «témoigne de l’importance de la recherche scientifique et des innovations dans le développement et la croissance économique». Pour Alioune Badara Ndiaye, c’est une évidence, mais «il reste que la portée et l’impact de la contribution de la recherche scientifique dans ce processus de même que le volume de financement de cette recherche demeurent difficiles à appréhender». A l’en croire, «la principale cause de ce constat réside dans le fait qu’un financement de la science, de la technique et de l’innovation se situe hors des marchés financiers». Ce qui l’a amené à relever : «Les financements dont il est question ici, sont ceux qui supportent les activités de recherche scientifique et qui a priori ne sont pas perçues comme pouvant ou devant garantir la rentabilité financière à court et moyen terme. En conséquence, ces financements ne suscitent pas l’intérêt des investisseurs privés. Les institutions publiques et privées ne disposent pas de moyens adéquats pour le financement de la recherche.» Ainsi, pour lui, il est nécessaire d’identifier «au cours de ce symposium, des sources et mécanismes de financement innovants, réalistes et réalisables pour faire face aux besoinx urgents et substantiels pour la recherche scientifique». «Investir dans la science pour avancer» Venu animer la conférence inaugurale, sur le thème : « Comment la Science va changer le monde», le chercheur pakistanais, Dr Atta Ur Rahman, a appelé les pays africains à se réveiller en investissant dans la science. L’homme, qui a été ministre chargé de la Recherche scientifique sous le régime du Président Musharraf, estime que si un pays veut se développer, il doit investir dans la science. «Le mot-clé c’est la connaissance, les pays qui investissent dans la science avancent. Le monde est divisé entre ceux qui détiennent le savoir et ceux qui ne l’ont pas, la différence entre les riches et les pauvres c’est le capital humain», a-t-il fait savoir. Pour lui, il n’y a pas de secret, «la richesse se trouve dans la science». Partant de l’exemple de Singapour, M. Rahman explique que c’est un petit pays qui n’a pas de ressources naturelles mais qui a préféré investir dans la science, grâce à laquelle il a dépassé le Royaume-Uni, le Japon, ou l’Allemagne, en termes de revenus par habitant. Abordant la question du financement, l’ancien ministre pakistanais estime que les pays ne doivent pas compter seulement sur l’aide des autres pour développer la science. «Nous devons nous aider nous-mêmes, ce qui est important c’est d’exploiter le capital humain. Si nous voulons récolter, il faudra semer, personne ne le fera à notre place», a-t-il dit.                                                                                                                                                         dkane@le quotidien.sn